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La province de Phrae

Chaque mois, Mike du site internet Thailandee.com vous fait découvrir une province émergente en Thaïlande.

La province de Phrae
Dans mes articles précédents, je vous avais parlé de Lampang et de Nan, entre les deux, se trouve la province de Phrae (prononcez "prè") qui n’a rien à envier à ses voisines si ce n’est peut-être quelques touristes en plus. Je vous emmène la découvrir. Phrae… partez !


En ville
Le centre-ville de Phrae se visite assez facilement à pieds ou à vélo, la plupart des hôtels ou guesthouses en proposent à leurs clients gratuitement ou pour 50 bahts par jour. J’aime beaucoup son atmosphère de village paisible et accueillant et ne peux m’empêcher à chaque séjour ici, de me balader, en fin d’après-midi, dans les petites rues aux maisons souvent en bois avec jardin entre le Wat Phra Non et son Bouddha couché (phra non en Thaï signifie Bouddha couché justement), le Wat Luang et le Wat Pong Sunan qui lui aussi possède un reclining buddha mais bien plus récent et en extérieur cette fois.


Son hall d’ordination est classique mais un bâtiment blanc récemment achevé avec des flèches dorées et figurines en stuc, décoré de peintures intérieures magnifiques, le jouxte. A l’arrière se trouve la sculpture d’une tortue géante surmontée d’un Bouddha debout. C’est mon temple préféré en ville.

Si vous êtes là un samedi soir, vous pourrez finir votre petit tour en flânant dans la rue piétonne qui se met en place juste à côté du Wat Pong Sunan pour accueillir le Kad Phra Non, marché de nuit avec les traditionnels stands de nourriture et de produits artisanaux mais aussi des vendeurs de fruits et légumes car ce marché est destiné à la population locale, les touristes étrangers sont très rares, et des concerts live de groupes locaux souvent très talentueux.





En semaine, ce sera au petit marché de nuit uniquement culinaire qui s’installe sur Rop Muang Road devant « Pratu Chaï », une des portes de la muraille entourant l’ancienne ville, qu’il faudra aller pour manger la Street Food locale.

Fortifiée comme beaucoup de villes du nord de la Thaïlande, Phrae ne garde que quelques tronçons de ses anciens murs d’enceinte. Le plus marquant est sans conteste celui identifié sur les cartes comme « Kamphaeng Muang Phrae » bien que le nom désigne tout l’ensemble. Au bord d’un canal fermé, il offre un joli cadre pour se reposer sur un banc ou se promener à l’ombre de la voûte d’arbres majestueux.

Autres témoins du passé de la cité, les nombreuses maisons anciennes en teck magnifiquement restaurées rappellent que la province était réputée pour sa production de ce bois précieux. Plusieurs sont ouvertes au public. C’est le cas de la plus connue, la Vongburi House de style architectural aux influences européennes. Sa découverte peut facilement être intégrée à la balade entre les trois temples que je citais plus haut car elle se trouve à quelques dizaines de mètres du Wat Phra Non.


Le musée Khum Chao Luang est un autre exemple de ses demeures historiques tout comme Wichai Racha House et quelques autres que je vous laisse découvrir sur place.

Les artisans de Phrae
L’artisanat le plus réputé de la province, ce sont les habits Mo Hom indigo et blanc. Vous en trouverez dans toutes les boutiques et sur les marchés de nuit de la ville que ce soit celui du samedi soir ou celui du premier dimanche soir du mois sur Charoenmuang Road. Ces vêtements uniques sont les souvenirs incontournables de tout séjour ici. Vous pouvez en acheter bien sûr mais c’est bien plus amusant de les faire vous-même.

Pour cela, il suffit de vous rendre au village de Ban Thung Hong à 4 kilomètres de Phrae. Le Mo Hom est leur spécialité et plusieurs magasins proposent aux touristes de venir dans leurs ateliers, choisir un motif dans un large catalogue et de teindre foulards, écharpes ou chemises. Ils vous guident pas à pas, vous expliquent les techniques à base de ligaments plastiques, bouts de bois et élastiques qui permettent d’obtenir le résultat voulu. Puis équipé d’un tablier et de longs gants en caoutchouc, vous tremperez votre future création dans le bain de teinture. Elle en sortira plutôt verte mais rapidement au contact de l’oxygène de l’air, elle bleuira à vue d’œil.


Pour rencontrer d’autres artisans, direction Ban Rong Fong. Le village à 8 km au nord de Phrae compte plusieurs couteliers dont vous pouvez visiter les ateliers et un potier qui cuit encore sa production dans un des grands fours en briques anciens.


Evitez d’y aller pendant la pause déjeuner pour être sûr de les voir au travail. Ce sera surtout pour le plaisir des yeux car vous n’y trouverez probablement personne qui parle anglais mais c’est tout de même intéressant.

Dans les montagnes alentours
Pas besoin de faire beaucoup de kilomètres hors de la ville pour rapidement se retrouver dans les champs puis les montagnes qui accueillent de très nombreux temples. Le Wat Phra That Cho Hae et son chedi doré est le plus important et vénéré de la province mais il y en a une multitude d’autres.


Mon préféré, le Wat Na Khu Ha possède un long pont en bambou enjambant des champs, tantôt de riz, tantôt d’arachides, tournesols et maïs selon la période de l’année, qui relie la montagne avec son point de vue dominant et ses deux grottes au Grand Bouddha doré assis.


En route, vous pourrez aussi aussi faire une halte au très intéressant Wat Phra Tha In Kwaen, et sa reproduction du rocher doré sacré du Myanmar.

La province compte également plusieurs parcs nationaux avec des cascades et mêmes des sources chaudes, les Mae Chok Hot Springs à 73 kilomètres de Phrae. Bien plus proche, le Phae Muang Phi Forest Park, offre un paysage étonnant avec ses colonnes de terre érodée, sorte de Cappadoce miniature.


Enfin, en plaine, mais à voir absolument, le Wat Phra That Suthon Mongkhon Khiri avec son immense Bouddha couché de style birman (voir photo tout en haut de l’article), bien que récent, est probablement le plus beau temple de la province.

Comment rejoindre Phrae ?
La compagnie aérienne Nok Air propose des vols quotidiens entre l’aéroport Don Muang à Bangkok et Phrae. Sinon, ce sera par la route que vous pourrez venir ici. Des bus partent régulièrement depuis Mo Chit, le terminal Nord des bus de Bangkok. Comptez 7 heures de trajet. Il y a également des bus et minivans passagers depuis Chiang Rai et les provinces voisines. S’il n’y a pas de gare à Phrae (enfin pas encore, la future ligne vers Chiang Rai dont la construction devrait démarrer fin d’année en comprendra une), vous pouvez prendre le train jusqu’à Denchai et faire les 20 kilomètres restants en bus local. Dans ce cas, profitez-en pour visiter le Wat Phra That Suthon Mongkhon Khiri.

Mes coups de cœurs
    • Le marché de nuit Kad Phra Non du samedi soir
  • • La balade en fin d’après-midi dans les rues du centre entre les temples Wat Phra Non, Wat Luang, Wat Pong Sunan et la Vongburi house
  • • Le Wat Na Khu Ha et son pont en bambou
  • • Teindre sa propre chemise à Ban Thung Hong
  • • Le sublime Wat Phra That Suthon Mongkhon Khiri
  • • Manger au petit marché de nuit quotidien près de la porte est de la ville
  • • Le Pan Jai Restaurant
  • • Le Chatawan Homestay et ses chambres simples dans une maison en bois pour l’accueil de sa propriétaire et ses petits déjeuners
  • • Le Wat Phra That Chom Chaeng à 2 kilomères du Wat Phra That Cho Hae








La nature de Kanchanaburi

Troisième province la plus vaste de Thaïlande, Kanchanaburi, couvre une superficie de 19 485 km2 et longe le Myanmar (Birmanie) à l'ouest de Bangkok.
Cette région se remarque pour sa beauté naturelle brute où montagnes et vallées fluviales dessinent des paysages spectaculaires.

La Chute de Sai Yok Yai, se jette directement dans la rivière Khwae Noi et constitue l'attraction la plus populaire du Parc National Sai Yok (300 km2). Le parc compte également plusieurs grottes intéressantes dont celle de Daowadueng, accessible aussi par la rivière, qui est la plus visitée. Au sud de la Chute de Sai Yok Yai, une autre cascade, la Nam Chon, se jette directement dans la rivière.

Toute une faune sauvage peuple les forêts d'arbres à feuilles caduques dont de petits mammifères tels que les chauves-souris, les écureuils et les biches, ainsi que de nombreuses espèces d'oiseaux parmi lesquelles les calaos couronnés et les pittas à ailes bleues.
La présence humaine à Sai Yok semble dater de l'Age de Pierre et la Chute de Sai Yok Yai a été fréquemment célébrée dans les poèmes et les chansons thaïes.
Il est possible d'y séjourner en bungalows, et rafts et équipements de camping sont disponibles.

A 60 km de la ville par la Route 323, la Chute de Sai Yok Noi, également connue sous le nom de Chute de Khao Phang, se trouve à fleur de route et vaut la peine d'être visitée entre juillet et septembre lorsque l'eau est à son maximum.


La province de Chanthaburi

Chaque mois, Mike du site internet Thailandee.com vous fait découvrir une province de Thaïlande un peu moins connue du grand public.

La province de Chanthaburi
S’il est une étape à ajouter sur la route entre Bangkok et les îles au large de Trat (Koh Chang, Koh Kood, Koh Mak), c’est bien Chanthaburi. Terre de pierres précieuses, réputée pour ses fruits et notamment ses durians auxquels elle consacre chaque année un festival, encadrée par mer et montagne, la province fut brièvement occupée par les Français.


La ville de Chanthaburi
La cathédrale de l’Immaculée Conception, la plus grande de Thaïlande, est le monument emblématique de la ville. L’édifice actuel avec ses deux flèches qui s’érigent vers le ciel derrière un parvis sur lequel trône une statue de la Vierge Marie a été construit en 1903 pendant l’occupation française mais la présence d’une communauté chrétienne ici remonte à près de trois siècles.


La communauté du bord de l’eau de Chantaboon et sa rue la plus typique qui longe la rivière sur l’autre rive, est un peu l’âme de la cité. On y trouve des murs décorés avec un Street Art élégant et des boutiques et bâtisses, souvent en bois, aux influences architecturales chinoises, occidentales et thaïlandaises parmi lesquelles quelques hôtels, cafés et restaurants avec vue sur la rivière.


Il est particulièrement agréable de se promener ici, en fin d’après-midi quand les maisons projettent leurs reflets dansants sur la surface de la rivière Chanthaburi. C’est pour moi, le moment le plus photogénique de la journée. Et si vous êtes ici, un samedi, vous pourrez ensuite vous engouffrer dans le marché de nuit qui s’installe dans la rue Sukhaphiban.

Revenez le lendemain matin dans cette même petite artère, à la boutique Khanom Kai Pa Tai, qui se trouve juste après l’entrée de la petite ruelle étroite qui mène au pont vers la cathédrale (voir carte plus bas), pour goûter les gâteaux aux œufs de Pa Taï, sortes de petites madeleines dont la recette viendrait de France. C’est aujourd’hui le fils de cette sympathique grand-mère qui a pris le relais aux fourneaux bien décidé à faire perdurer la tradition. Soyez-y vers 9h le matin, lorsque la première fournée démarre, et achetez-les à peine sorties du four, c’est comme ça qu'elles sont les meilleures !


Le week-end, du vendredi au dimanche, s’installe, une rue plus loin dans Trok Kachang, le très réputé marché aux pierres précieuses de Chanthaburi. Mais attention, ce n’est pas un marché touristique, ici viennent des négociants qui évaluent la qualité des pierres qu’on leur apporte et achètent pour des détaillants ou bijoutiers.


Si vous aimez les temples, allez voir ensuite le grand Bouddha couché du Wat Phai Lom un peu plus loin et prenez peut-être aussi le temps d’une petite pause massage dans le salon qui se trouve juste en dessous.


La fin de semaine est aussi l’occasion de se rendre au charmant Nong Bua market et de déguster ses étonnants desserts aux noms évocateurs (je vous laisse les découvrir sur place) vendus dans les boutiques en bois de cet ancien village de pêcheurs. Rares sont les voyageurs qui le savent mais un peu à l’extérieur de la ville se trouve le site khmer le plus ancien de Thaïlande : les ruines de Muang Phaniat. Découvertes il y a une trentaine d’années, elles se composent essentiellement d’un bassin et de fondations mais intéresseront les férus d’histoire qui iront également au musée du Wat Thong Thua qui abrite les statues, linteaux et artéfacts trouvés sur le site.


Mer et montagnes
Le long du littoral, au sud de la province, sillonne une des portions de route les plus célèbres de Thaïlande avec un point de vue pour admirer ses virages, le Noen Nangphaya Viewpoint, où les nostalgiques du Pont des Arts parisien pourront venir accrocher un cadenas symbolisant leur amour au grillage de la rambarde.


Si vous venez capturer cette image emblématique de Chanthaburi, n’oubliez pas de faire un tour au petit chedi Klang Nam, au milieu de l’eau, enfin selon la marée, installé au bout de la péninsule au village de pêcheurs Ban Hua Laem, à 2 kilomètres de là.

Mais mon coup de cœur dans ce secteur reste incontestablement la baie de Kung Krabaen, juste en face, à l’autre extrémité de l’anse. Me balader sur les chemins de planches dans les mangroves du Kung Krabaen Bay Royal Development Study Center puis louer un kayak et pagayer sur les petits canaux entourés de palétuviers avant de gagner la pleine mer, reste un de mes meilleurs souvenirs à Chanthaburi !


La Sea Farming Demonstration Unit, juste à côté ou presque, s’occupe de la préservation de plusieurs espèces marines dont des bébés requins, mais moi, c’est devant le petit bassin des tortues que je suis resté comme un gamin.


Il y a évidemment quelques plages dans les environs si vous voulez piquer une tête. Et plusieurs autres tout le long du littoral, la plus réputée étant celle de Hat Chao Lao.

Sur le chemin du retour vers la ville, faîtes un détour par Bo Ploy Lek Petch, une mine centenaire qui accueille les visiteurs désireux de jouer les chercheurs de pierres précieuses. Allez-y plus pour le jeu qu’avec l’espoir de faire fortune, même si la règle veut qu’après vous être acquitté du prix d’entrée, vous gardez tout ce que vous avez réussi à extraire.


Plus au sud-est de la province, Laem Sing est également un coin de littoral très agréable. Il y a plusieurs maisons d’hôtes installées au bord de l’eau qui proposent des programmes d’activités dans les mangroves avec tour en bateau, observation des oiseaux, pêche aux crabes, plantation d’arbres… Le coin est aussi propice à de belles balades à vélos.


D’ailleurs, si vous êtes curieux, vous pédalerez jusqu’au vestige le plus étonnant des 11 années d’occupation française à Chanthaburi, le Khuk Khi Kai, prison à deux étages dont le supérieur au sol ajouré hébergeait des poules dont les excréments tombaient sur les prisonniers enfermés au rez-de-chaussée.

Pour finir sur une note plus bucolique, je vous recommande le parc national de Namtok Phliu, à quelques kilomètres de là, pour sa jolie cascade aux eaux poissonneuses et turquoise par endroits et son petit chedi recouvert de mousse construit sous le règne du Roi Rama V.


Chanthaburi est également, avec Sakon Nakhon et sa grande parade, une des deux destinations de Thaïlande où les célébrations de Noël sont les plus importantes avec un grand festival de trois jours dont le point d’orgue est le spectacle de son et lumière projeté sur la façade de la cathédrale.

Comment rejoindre Chanthaburi ?
Il n’y a ni gare ni aéroport à Chanthaburi, le plus proche se situe à Trat, donc on ne peut s’y rendre que par la route. Les bus de Bangkok partent depuis le terminal d’Ekkamai aux pieds de la station de métro aérien du même nom ou depuis Mo Chit (mais ils sont plus nombreux depuis Ekkamai) et mettent 3h30.

Mes coups de cœurs
  • - Sukhaphiban Road et la traversée du pont vers la cathédrale
  • - Le marché du soir qui s’installe dans cette même rue le samedi
  • - Les gâteaux aux œufs Khanom Kai Pa Tai juste sortis du four
  • - Le restaurant Chan Phochana pour sa cuisine locale
  • - Le Kung Krabaen Bay Royal Development Study Center et ses mangroves
  • - Klang Na Homestay à Ban Laem pour son cadre et ses activités dans les mangroves mais échanges en Anglais un peu difficiles
  • - La recherche de pierres précieuse à Bo Ploy Lek Petch
  • - Le parc national de Namtok Phliu
  • - Le marché du week-end de Nong Bua









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