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Le vieux quartier Portugais de Bangkok

Au 16ème siècle, un traité militaire permet aux Portugais de résider, commercer et pratiquer leur religion dans le royaume. Suite à la chute du royaume d’Ayutthaya en 1767, le roi Taksin (1734-1782) décide de fonder la nouvelle capitale à Thonburi. En signe de remerciement, il accorde certaines parcelles de terre aux peuples ayant pris part à l’effort de guerre. Ainsi, à la fin du 18ème siècle, Lao, Khmers, Chinois et Portugais se retrouvent associés à la création du quartier de Kudee Jeen (Kudi Jin, Kudee Chin ou Kudijeen) sur la rive gauche de la Chao Phraya.
Peu visité, Kudee Jeen s’organise en un dédale de ruelles et d’habitations colorées, où les symboles religieux se mélangent sur fond de street art, dépeignant des scènes de la vie quotidienne et délivrant des messages de paix. Temples bouddhistes, sanctuaires chinois ou mosquées s’harmonisent avec l’église de Santa Cruz, l’un des derniers témoins de l’influence historique du Portugal au Siam et l’un des plus anciens édifices religieux encore en activité.
Construite initialement en bois en 1770, l’église de Santa Cruz fut restaurée une première fois en 1835 par une main-d’œuvre essentiellement chinoise ce qui, selon certains, lui valut son surnom de Kudee Jeen, que l’on peut traduire par « l’église chinoise ». Pour d’autres, ce nom trouve ses origines dans la présence du sanctuaire KuanYin, l’un des plus anciens patrimoines culturels chinois de Bangkok. Par la suite, deux architectes italiens donnèrent à Santa Cruz son aspect actuel en 1913.
Une autre bâtisse se démarque. Visible depuis la rivière, une ancienne habitation en bois construite à la façon d’une maison en pain d’épice révèle une architecture anglaise très prisée durant le règne du Roi Rama VI. Les locaux la surnomment « La maison bleue » en dépit du fait que sa peinture a désormais disparu, révélant le bois brut qui se cachait dessous. Pour comprendre les origines de ce quartier et en apprendre plus sur les différentes communautés qui y cohabitent, une visite au musée local Baan Kudichin Museum s’impose. Il est situé dans l’ancienne maison d’une famille catholique dont les descendants ont décidé de transformer leur résidence familiale en musée, afin de préserver leur héritage et de partager la culture et les traditions de cette ancienne communauté Lusitano-Thaïlandaise.
Traditions dont on peut toujours savourer le goût au détour de ruelles exiguës car, comme dans la plupart des comptoirs commerciaux où ils se sont implantés, les Portugais ont apporté avec eux leur savoir-faire en matière de desserts avec des délices comme le kanom farang kudee Jeen ou les fameuses tartes aux œufs. La gastronomie thaïlandaise doit d’ailleurs beaucoup à Maria Guyomar de Pinha, considérée comme la reine des desserts siamois.
Ce quartier typique à découvrir à pieds ou à vélo, offre une réelle immersion dans le passé historique de la capitale mais aussi l’occasion de s’engouffrer encore plus dans les ruelles de Thonburi ou de visiter d’autre point d’intérêts comme le Wat Arun, Jam Factory ou Lhong 1919.

Source : magazinelatitudes.com

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