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Anne Coppin : La saveur du voyage


Anne Coppin est l’auteur de «Food Trotter Thaïlande», un «guide du voyageur affamé», au contenu résolument différent. Paru il y a quelques mois, le livre vient tout juste de remporter le prix du meilleur «guide de voyage culinaire», lors des derniers Gourmand Awards. L’occasion parfaite pour rencontrer Anne, évoquer son livre et son amour la gastronomie Thaïlandaise !

Interview

Votre guide n’est pas un carnet d’adresse comme on a l’habitude de voir. En quoi est il différent et que trouve-t-on dedans ?
J’ai voulu montrer dans ce guide que la cuisine peut être un vrai fil conducteur dans son voyage. Que l’on soit fou de cuisine ou simple curieux, la gastronomie est si importante en Thaïlande qu’elle peut être un vrai moteur à la découverte. A travers l’alimentation, on découvre toute la culture thaïe, son histoire, ses habitudes sociales.

La cuisine est un vrai prétexte pour aller explorer des contrées plus éloignées. Dans les guides touristiques classiques, des adresses de restaurants sont souvent proposées mais je trouve que celles-ci peuvent être très vite obsolètes. Alors j’ai préféré donner des conseils pour trouver soi-même ses petites cantines. Je donne plein de techniques pour repérer un bon restaurant, pour bien commander, pour se débrouiller lorsque la carte est en thaï ou pour trouver tel ou tel plat. Tout pour développer le sixième sens du voyageur et le pousser vers la découverte ! Et puis comme un guide de voyage classique, je donne des itinéraires et des informations sur la culture du pays, ainsi que plein de conseils pratiques pour le voyageur.

En quoi la Thaïlande est un pays particulièrement intéressant au niveau culinaire ?
Pour moi, le qualificatif principal de la cuisine thaïe est l’équilibre. Rarement l’on retrouve dans une gastronomie une telle recherche de justesse entre les saveurs sucrées, salées, acides et pimentées. Et puis la cuisine thaïe est gourmande et généreuse, tout en étant saine et accessible.


Quels conseils donneriez vous au voyageur qui visite le pays pour la première fois, pour découvrir la gastronomie du pays ? Que gouter ? Que faut il savoir ? Que doit on faire ou éviter ?
Je dirais qu’il faut se fier à son instinct et être curieux. L’avantage de la cuisine de rue est que l’on peut choisir facilement ce qui nous fait envie. Il ne faut pas hésiter à pointer du doigt l’assiette de son voisin si son plat nous plait. Lorsque les restaurants n’ont pas de cartes à rallonge et servent un plat unique, leur spécialité, c’est souvent gage de qualité. Enfin il ne faut pas hésiter à demander quelles sont les bonnes adresses où manger, c’est encore une fois un bon prétexte pour engager la conversation !

Du fait de son histoire, la Thaïlande à une cuisine très régionale. Pouvez vous nous parler de ces différences, et de quelques provinces à visiter absolument pour leur gastronomie ?
La richesse de la Thaïlande pour un voyageur vient aussi de l’identité très forte de ses différentes régions. Au niveau culinaire, il existe des différences importantes entre celles-ci, du fait de la géographie très variée et de climats différents. Une des mes régions coup de coeur est celle de Udon Thani. Cette zone de la Thaïlande, à l’identité culturelle très forte, est particulièrement attachante. La cuisine de cette région est typique du Nord-Est : on y retrouve le riz gluant qui pousse dans cette région mais également la célèbre salade de papaye verte et un des meilleurs poulet grillé de toute la Thaïlande.

On parle souvent de la Street food, mais Bangkok à aussi une cuisine très raffinée. Pouvez vous nous en parler ?
La cuisine royale, celle que l’on servait à la cour, n’a jamais été conservée entre quatre murs. An contraire, elle a irradié tout le pays car recettes et techniques ont beaucoup circulé. C’est pour cela, à mon avis, que la cuisine thaïe est à la fois très simple et très élaborée. Elle peut se préparer à la minute, dans la rue (c’est notamment le cas des plats sautés) et elle est incroyablement fine et subtile.

Vos 3 meilleures adresses à Bangkok ? En Thaïlande ?
Dès que j’arrive à Bangkok, je vais prendre mon premier repas à TYKoong banglamphu, un restaurant situé sur le trottoir d’une des rues petites rues de Banglamphou. On y mange les meilleures crevettes sautées à l’ail de tout Bangkok. Sinon je vais systématiquement à T&K Seafood à Chinatown où TOUT ce qui est à la carte est délicieux. Enfin si on veut s’offrir un repas d’exception dans un cadre plus luxueux, le Nahm reste pour moi une valeur sûre. On y trouve une cuisine traditionnelle très fine et respectueuse de ses origines. C’est aussi cela que j’aime en Thaïlande : le fait de pouvoir se régaler partout et tout le temps, dans les palaces comme dans la rue.

Pour terminer, un plat original à nous conseiller ?
Un plat peu connu des étrangers et que j’affectionne particulièrement est le sakhou saï mou. Ce sont des petites boules de tapioca, grosses comme des noix, fourrées d’un mélange de porc, de cacahuètes et d’échalotes confites. C’est un petit délice à mi chemin entre le salé et le sucré. On le trouve sur certains étals dans la rue mais il n’est pas très répandu. Alors si vous en voyez, ne passez pas à côté !

FOOD TROTTER THAILANDE / Umai Editions / Disponible en librairie et digital.


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